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CULTISSIMO I I VH Cinéma
ARBITRAGE
De Nicholas Jarecki.
Avec Richard Gere, Susan Sarandon, Tim Roth…
Robert Miller (Richard Gere) est l’un des magnats les plus puissants de la finance new-yorkaise. Entouré
de sa femme, Ellen (Susan Sarandon), et de ses enfants, il incarne à lui seul le rêve américain. Pourtant,
au-delà des apparences flamboyantes, Miller est piégé. Il doit à tout prix vendre son empire à une grande
banque avant que l’on ne découvre l’ampleur de ses fraudes. La liaison qu’il entretient avec Julie (Laetitia
Casta), une jeune marchande d’art française, complique aussi sa vie privée… Alors qu’il est à deux doigts
de conclure la transaction espérée, une erreur de trop va le mêler à une affaire criminelle. Pris à la gorge,
cerné de toutes parts, Robert Miller va tout risquer pour sauver ce qui compte le plus pour lui. Encore
doit-il choisir ce que c’est vraiment. La force du film (et de Richard Gere, impérial) est que l’on parvient
à s’identifier au personnage principal, même s’il s’agit d’un sale type. On le voit multiplier les trahisons et
tricher et, pourtant, on suit avec sa passion ses efforts pour s’en sortir. Ceci, grâce à la maîtrise de Nicholas
Jarecki qui, à partir d’éléments scénaristiques, parvient à construire un thriller haletant. Le réalisateur nous
propose également une critique brillante de l’Amérique d’aujourd’hui qui a perdu le sens des valeurs.
COGAN : KILLING THEM SOFTLY
D’Andrew Dominik.
Avec Brad Pitt, Richard Jenkins, James Gandolfini…
Lorsqu’une partie de poker illégale est braquée, c’est tout le monde des bas-fonds de la pègre qui
est menacé. Les caïds de la Mafia font appel à Jackie Cogan (Brad Pitt) pour trouver les coupables.
Mais entre des commanditaires indécis, des escrocs à la petite semaine, des assassins fatigués
et ceux qui ont fomenté le coup, Cogan va avoir du mal à garder le contrôle d’une situation qui
dégénère… Pour son deuxième film avec Brad Pitt (L’Assassinat de Jesse James), le réalisateur
australien nous propose un excellent polar peuplé de solides personnages, avec des dialogues
électriques, une brutalité très réaliste contrebalancée par des touches d’humour et qui, comme
les meilleurs films sur la mafia, n’enferme pas ces tueurs dans leur bulle, mais les place dans leur
contexte social et politique. Ici, la mafia n’a rien de glamour : cet univers est violent et sans espoir. La
distribution est magnifi que, avec des acteurs aussi magnétiques que Ray Liotta, James Gandolfi ni
et Sam Shepard, mais aussi les très bons Richard Jenkins et Slaine. Quant à Brad Pitt, qui campe
son personnage tout en nuances, il est époustoufl ant.
ALEX CROSS
De Rob Cohen.
Avec Tyler Perry, Edward Burns, Matthew Fox…
Inspecteur de police à Detroit, Alex Cross (Tyler Perry) fait équipe avec son ami de toujours, Tommy
Kane (Edward Burns), et l’inspectrice Monica Ashe pour élucider une affaire de meurtres en série.
Le tueur, surnommé Picasso, cherche à s’en prendre à un puissant industriel de la ville, Gilles
Mercier. Mais dans cette affaire, les évidences cachent parfois des pièges et rien n’est vraiment ce
qu’il paraît. Alors que Cross emploie toute son expertise psychologique à anticiper les actes du
tueur, il doit aussi lutter contre les pulsions que Picasso a fait surgir en lui… D’accord, il ne s’agit
pas du polar de l’année : les ficelles sont très grosses, avec un policier qui décode si facilement les
indices laissés par le tueur qu’on le croirait extra-lucide. Mais il se laisse voir avec plaisir grâce au
charisme de Tyler Perry (même s’il n’est pas toujours crédible), parce que Matthew Fox, abonné
aux rôles de gentils garçons, incarne ici un tueur sadique avec beaucoup de conviction et que les
scènes d’action sont spectaculaires et bien fi lmées.
11 VH magazine Décembre 2012

