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C’est ainsi que je propose mes œuvres
en goodies, en porte-clés, en stylos, en
casquettes, en parasols, en tee-shirts,
en écharpes pour les manifestations,
en foulards, en gourmettes, en
chaussettes... voilà. J’ai développé un
axe très large. Bientôt je vais sortir une
marque de voiture. Même mon slip est
signé. Vous voulez voir ?
Non, c’est bon merci.
Vous portez du combien ?
Pourquoi ?
Parce que j’ai un slip cubiste qui vous
irait très bien. Vous taillez combien ?
Non merci, je préfère le jersey.
Revenons à nos questions :
pouvez-vous nous en dire plus sur
la rétrospective qui a lieu en ce
moment ?
Cette rétrospective est très spéciale
dans le sens qu’elle consiste à ramasser
toutes les œuvres vendues auprès des
particuliers pour opérer une deuxième
vente. C’est ce qui s’appelle le « second
hand ». C’est pour faire circuler les
œuvres et les faire vivre, les faire
respirer. Mon œuvre, c’est une peinture
buissonnière. Elle doit se libérer, elle
doit voyager.
Et qui va bénéficier du produit des
reventes de cette rétrospective ?
Quelle question ? C’est le peintre
voyons ! C’est moi !
Que conseilleriez vous à un jeune
qui voudrait se lancer dans l’art
contemporain ?
De changer de métier et de nous
laisser tranquille. Le milieu artistique
est un peu saturé en ce moment. Qu’il
aille faire de l’infographie.
Pourquoi ne donnez-vous jamais de
titre à vos œuvres ?
Parce qu’un titre, c’est réducteur
par rapport à l’immensité de ce
que j’évoque dedans. Un titre, c’est
une adresse et une adresse, c’est
une prison. Moi la prison, j’en ai ma
claque.
Merci pour cette interview.
Réfléchissez pour le slip. Si vous
changez d’avis, voici ma carte.
Décembre 2012 VH magazine

