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DOLCE VITA I I Portfolio
REBEL SPIRIT
GOD SAVE CASABLANCA
« Je parle de Casablanca, ma belle un plasticien à l’univers à part, qui
ville, la ville que j’aime. Je parle navigue dans d’autres sphères, fait
de ses habitants haut en couleurs, son bonhomme de chemin avec
qui sont à mon sens très sympathi- beaucoup de zénitude, loin du tapage
ques, même quand ils pètent les de beaucoup d'autres qui ne font
plombs. Je parle d’amour, de désir, que dalle. «J’aime ma ville et je lui
de volupté, de violences urbaines rends hommage. Je rends hommage
qui se noient dans une autre forme à toute cette vie grouillante, qui se
d’espoir qui est le rêve. » Le ton est bat, qui se débat, qui tente de s’en
donné par Rebel Spirit lui-même sur sortir, qui va au bout, qui fait des
cette exposition-événement où l’ar- essais, qui rate le coche, mais ne
tiste a donné à voir quelques unes baisse pas les bras». Pour ce natif de
de ses belles prises (non en photo- la ville, qui a grandi à Hay Salmia, qui
graphies) mais en instantanés de vies a tagué des centaines de murs, qui a
casablancaises. On y voit tout ce qui joué à cache-cache avec les gardiens
caractérise cette cité : les ambiances pour finir ses graffitis, que de chemin
décalées, la bécane, les buildings traversé. Rebel Spirit (Mohamed
surannés, les visages de la ville, le Bellaoui) compte aujourd’hui parmi
sourire sincère, l’autre sourire un peu les plasticiens d’avant-garde au
narquois, les femmes, les hommes, Maroc. Il est connu à l’étranger où
la séduction, le baiser, l’amour, le l’on salue sa vision, son approche et
sexe… bref, c’est un bel hommage à la précision de son travail.
sa ville dont nous gratifie aujourd’hui PAR ABDELHAK NAJIB
11 VH magazine Janvier/Février 2017

