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DOSSIER I I CAN 2017
Najib Salmi
DE L’ESPOIR TOUJOURS
ET ENCORE !
EXCELLENCE ET DISCIPLINE SONT LES MAÎTRES MOTS DE NAJIB SALMI. IL PARTAGE AVEC LES n’est pas l’équipe nationale du Maroc, mais
c’et la Tour de Babel, entre les joueurs qui
LECTEURS DE VH MAGAZINE SON OPINION SUR LA CAN 2017 ET REVIENT SUR LES PROUESSES DES
ne parlent pas l’arabe, ne comprennent pas
LIONS DE L’ATLAS PASSÉES ET À VENIR. PAR NADIA SEFRAOUI
le français, et s’exprimant uniquement en
langue allemande ou autres, allez trouver
l’homogénéité et l’unité ».
Ce cri lancé en 2006, il y a déjà dix ans, n’a
Que pensez-vous du 11 national actu- de la réalité bien sûr, et ce mauvais procès pas encore trouvé de solution véritable.
ellement ? que l’on fait à nos « enfants d’ailleurs » Dans cet imbroglio culturel, l’équipe
La réponse est, à mon sens, dans la ques- n’est nullement mérité. Hélas, en plusieurs nationale s’est maintes fois perdue et
tion. Car en fait, la question de l’équipe occasions, l’homme de la rue le fait sien, et les résultats bien évidemment s’en sont
nationale du Maroc ne se pose plus en beaucoup de joueurs se plaignent de cet état ressentis.
termes techniques avec les qualités de choses assez triste au demeurant.
physiques et tactiques, mais bien au-delà. Les différents coachs nationaux qui se sont Les chances de l’équipe nationale
Depuis 2004, date où les coachs désignés succédés à la tête de l’équipe nationale ont pour la prochaine CAN au Gabon ?
à la responsabilité de conduire les Lions eu à affronter ce problème concernant : Comme l’a dit souvent et à juste raison,
de l’Atlas ont choisi de faire appel à une l’existence, au sein d’une même sélection Hervé Renard, coach national des Lions
pléthore de joueurs marocains « pros » de joueurs ayant une mentalité et une de l’Atlas, le Maroc ne part pas favori pour
en Europe au détriment des footbal-
leurs évoluant en championnat national,
l’opinion publique n’a cessé de se livrer à
des comparaisons qui parfois, dépassaient
la raison.
Et comme souvent foule varie, on est passé
par toutes sortes de supputations possibles.
Le problème se résume en une phrase : les
résultats de l’équipe nationale de football
seraient-ils meilleurs avec des joueurs
du cru, ou bien avec ceux qui évoluent en
Europe ? Vaste question qui, au gré des
résultats est passée par tout le spectre
des réponses. Il y a les pros « Europe » et
les mordus du « sol natal », de la patrie. Le
débat est engagé, et parfois hélas, il se teint
d’un nationalisme de mauvais aloi.
Toutes ces considérations jettent un nuage
autour des Lions de l’Atlas et parfois la
chape de plomb pèse lourd sur les épaules
des joueurs marocains venus des champi-
onnats européens, joueurs que l’on voue aux
gémonies à chaque contre performance,
ces joueurs devenant des vedettes trop culture différente. cette CAN. L’Histoire lui donne raison, du
payées, des footballeurs gâtés par la vie et M’hammed Fakhir en 2006, alors qu’il était moins l’Histoire la plus récente, puisque
qui répugnent à mouiller le maillot quand ils chargé des Lions de l’Atlas lors de la CAN depuis 2004, notre sélection n’a plus jamais
viennent en équipe nationale. Cela est loin 2006 (Egypte), a eu ce mot révélateur : « ce passé le premier tour. Que ce soit avec Henri
VH magazine Janvier/Février 2017

