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Akram Raslan (Syrie)
Le 2 octobre 2012, le caricaturiste Akram Raslan était arrêté
par les services de renseignements militaires syriens, alors
qu’il était dans les locaux du journal gouvernemental Al-Fida’a
à Hama. Depuis un an, il s’était fait remarquer par ses cari-
catures acides du président Bachar Al-Assad publiées sur
Mana Neyestani (Iran)
Nous sommes en 2006 quand Mana Neyestani dessine dans le
supplément jeunesse d’un hebdomadaire iranien la discussion
entre un enfant et un cafard. Rien de bien méchant si ce n’est
que le cafard en question utilise un mot d’origine azéri. Les
azéris sont un peuple d’origine turc vivant au nord de l’Iran,
et depuis longtemps opprimés par le régime. Totalement
les réseaux sociaux et le site d’Al-Jazeera. Le 26 juillet 2013,
involontaire selon son auteur, le rapprochement entre cafard
Akram Raslan et plusieurs autres prisonniers ont été jugés
et azéri provoque alors des émeutes dans tout le pays. A la
dans un procès sans témoin ni avocat. Certains disent qu’ils
recherche d’un bouc émissaire, Téhéran décide alors de coffrer
ont été exécutés, d’autres qu’ils sont emprisonnés à vie, mais
Mana Neyestani et son éditeur qui vont passer plusieurs mois
on ne sait pas ce qu’est devenu Akram Raslan.
dans les prisons iraniennes.
Ali Ferzat (Syrie)
Le 25 août 2011, Ali Ferzat est kidnappé,
mis dans un sac et tabassé par des agents
des services syriens de sécurité. Pour le
punir de s’être moqué de Bachar el-Assad
et l’empêcher de pouvoir dessiner, on lui
brise les doigts. Ça n’a heureusement pas
suffit à arrêter Ali Ferzat qui a depuis reçu le
Prix Sakharov pour la liberté de penser et le
Freedom of Expression Award britannique.

