Page 94 - VH Magazine N°89 - Juillet 2010
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DOLCE VITA  I I  Gastronomie

                                                                                          un homme d’affaires marocain, lui propose de
                                                                                          venir monter dans la ville ocre un restaurant
                                                                                          gastronomique français qui se démarquerait
                                                                                          des autres. Fabrice relève le défi. Le nouveau

                                                                                          restaurant cartonne. Et comme Fabrice est un
                                                                                          éternel insatisfait et qu’il s’est particulièrement
                                                                                          intéressé au terroir marocain, il prend, dans la
                                                                                          foulée, la direction d’un deuxième restaurant, le
                                                                                          Karmoussa, typiquement marocain cette fois. « Il
                                                                                          y a ici des saveurs exceptionnelles et les produits
                                                                                          du terroir sont magiques, dit-il. Je me suis inspiré
                                                                                          des traditions culinaires marocaines tout en les
                                                                                          revisitant à ma sauce… »

                                                                                          Place au terroir marocain
                                                                                          Mais loin de se satisfaire de ses premiers lauriers,
                                                                                          Fabrice Vulin ne s’arrête pas en si bon chemin.
                                                                                          « Une petite idée me trottait dans la tête depuis
                                                                                          longtemps, raconte t-il, celle d’avoir un label de
                                                                                          vin à mon nom. J’ai suivi des cours d’œnologie à
                                                                                          Paris, et le vin m’a toujours passionné. » Et c’est
                                                                                          au Maroc que le chef compose sa gamme de vins,
                                                                                          qui se décline en rouge, blanc ou rosé, sous la
                                                                                          dénomination « Fabrice Vulin Wine’s », des crus qui
                                                                                          seront salués par Anne-Marie Chabert, journaliste
                                                                                          œnologue reconnue. Après avoir « testé » les
                                                                                          trois couleurs elle écrit, pour le vin blanc – un
                                                                                          Farana-clairette - : « L’œil est doré, vif et brillant.
                                                                                          Le nez suave dévoile des arômes d’abricot sec,
                    LE « FABRICE VULIN WINE’S »,                                          de miel et d’amandes. Un vin blanc original,
                                                                                          surprenant, attachant… ». Eloges également sur
                   DES CRUS ORIGINAUX                                                     parait légèrement orangé. Des notes de fraises
                                                                                          le Cinsault-Grenache, le vin rosé de Vulin : « L’œil
                                                                                          écrasées et de coing sont citées. En bouche, le
                                                                                          caractère volumineux procure du corps au vin,
                                                                                          voire de la rondeur ». Quant au rouge, toujours
                                                                                          selon Mme Chabert, « c’est une vraie gourmandise
                                                                                          et si le nez regorge d’épices et d’arômes
                                                                                          exotiques, ainsi que le cassis et la mûre, la bouche
                                                                                          révèle une texture suave et savoureuse, entre
                                                                                          équilibre et douceur… ». C’est ainsi que le jeune
                                                                                          chef français prend de la bouteille, sans toutefois
                                                                                          se laisser griser par le succès rencontré, le label à
                                                                                          peine sorti des tonneaux. « Le vin, c’est toute une
                                                                                          philosophie, dit-il, il faut le faire évoluer pour faire
                                                                                          varier les plaisirs, inventer, créer, rechercher les
                                                                                          saveurs et le raffi nement. »
                 Ambassadeur de la gastronomie        les raviolis de daube de bœuf au pois et fèves,   Les « Wine’s » de M. Vulin se dégustent
                 française au Maroc, Fabrice Vulin crée   le foie gras de canard poêlé… Vulin a bousculé   exclusivement sur les tables de ses restaurants,
                                                                                          à l’occasion, entre autres, des événements que le
                                                      à Marrakech la tradition de la gastronomie
                 à Marrakech son propre vin. Laissons-  française, tout en lui imposant de nouvelles lettres   Français organise régulièrement, comme « Les
                 nous griser par les parfums du terroir   de noblesse. Créateur avant tout, le jeune chef   soirées pour elles », des dîners gastronomiques
                 du Royaume, dans le sillage d’un     passe sa vie à chercher, tester, goûter, inventer,   réservés aux femmes, « Les soirées rouge et

                 jeune chef qui prend vraiment de la   s’inspirant du meilleur de la cuisine française pour   noir » autour du jazz, au cours desquelles défilent
                                                                                          les meilleurs crus marocains, ou le brunch du
                                                      l’améliorer encore et encore, et lui offrir cette
                 bouteille…         PAR MICHEL ROUSSEL  touche d’originalité qui fait son succès.   dimanche, devenu une véritable institution à
                                                      Il faut dire que le jeune chef n’en n’est pas   Marrakech. Et comme Fabrice est un perpétuel
                                                      à sa première expérience. Son parcours est   inventif, il projette de lancer sous son nom, avant
                 Inutile d’insister, Fabrice Vulin ne livrera aucun des   fulgurant : compagnon du tour de France,   la fin de l’année, toute une gamme de produits

                 secrets de ses recettes qui font depuis quatre   membre de l’Académie culinaire, il fait ses armes   du terroir marocain, histoire de conjuguer les
                 ans le succès de l’une des meilleures tables de   au Fouquet’s ou à La Closerie des Lilas à Paris,   saveurs du Royaume avec un esprit de créativité
                 Marrakech, Dar Ennassim, dans la Palmeraie.   ou encore au Parc des Eaux vives à Genève qui   et d’originalité. Après avoir été un excellent

                 Que ce soit son risotto glacé au citron confit,   lui doit ses 2 étoiles au Michelin. En 2006, il est   ambassadeur de la gastronomie française, Vulin
                 son carpaccio de loup de mer et chair de crabe,   invité à participer à la semaine gastronomique   s’attaque aujourd’hui au meilleur de la table
                 le blanc de turbot meunière au goût de jambon   de Marrakech où il se fait remarquer par son   marocaine. Sa réputation commence à faire

                 ibérique, les coquillages et fenouil confit ou encore   originalité. C’est alors qu’Hicham Berrada,   mouche dans le monde entier.

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