Page 111 - VH Magazine N°151 - Juillet 2016
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Pierre de Cortone, Rapt des Sabines.








































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                 Les artistes, légitimant leurs intentions créatrices par cette même
                 fi n religieuse, se sont mis à produire un grand nombre de nus et
                 à représenter les corps humains en accentuant leurs aspects vils
                 et abjects. Toutefois et contre toute attente, ces représentations
                 contenaient une charge érotique considérable, trahissant ainsi le

                 but dessiné par l’église médiévale, à savoir l’instruction des fidèles
                 à propos du corps pécheur et partant, « Le moyen âge donna sa
                 place à l’érotisme dans la peinture : il le relégua dans l’enfer »
                 (Georges BATAILLE)
                 Le nu à la Renaissance est devenu sujet à part entière. Les recher-
                 ches des maitres ont contribué à améliorer les représentations du
                 corps. L’homme de Vitruve, de Léonard de Vinci est l’exemple type
                 des recherches anatomiques des artistes de l’époque. Ces deniers
                 n’hésitaient pas à se représenter nus dans une démarche d’examen


                                                                      des détails de leurs propres corps à l’instar du peintre Albrecht Dürer,
                                                                      le premier à s’être auto-représenté nu en 1503. Les corps représentés

                                                                      à la Renaissance reflètent d’une part : le frémissement de la vie des
                                                                      dieux, des nymphes, des néréides, des héros dont les nus exaltent un
                                                                      aboutissement inégalé, se faisant sujets de prédilection des artistes
                                                                      de la Renaissance. Les écrits de l’antiquité qui ont représenté les
                                                                      relations entre dieux et déesses ou entre déesses et héros et qui ont
                                                                      décrit leurs exaltations et jeux érotiques, ont inspiré les artistes de la
                                                                      Renaissance si bien que ceux-ci ont accouru à représenter avec une
                                                                      précision et un perfectionnisme, la Nymphe et le Berger de Titien,
                                                                      Psyché surprend l’amour de Jacopo Zucchi, Venus et Hadonis de
                                                                      Cornelus Van Haarlem, Séduction d’Olympia de Jupiter de Giulio
                                                                      Romano … des œuvres dont la représentation des corps de divinités
                                                                      signe la nouvelle esthétique de la Renaissance.
                 Jean-Auguste-Dominique Ingres, L'Odalisque à l'esclave.

                                                                                          Juillet   2016    VH magazine   111
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