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Hamid Bouhali


                 MONSIEUR «TEKCHAB»




                  Q     ce qui pousse un jeune homme maro-
                        Quand on lui pose la question : Qu’est

                        cain, natif d’Essaouira, à devenir cari-
                 caturiste dans les années 60 ? Hamid Bouhali
                 répond du tac au tac : « A l’époque, j’étais élève au
                 lycée Français donc je lisais la presse en français,
                 ayant une inclination pour les arts plastiques et
                 une conscience politique, je lisais ; "Marius", "Le
                 Hérisson", "Pilote", "Fluide Glacial" et bien sûr, le
                "Canard enchaîné". Tout ce que Wolinski, Cavanna et
                 Cabu faisaient, je le dévorais. Mais je venais d’une
                 famille pauvre, je faisais partie de la jeunesse
                 ouvrière. Les journaux étaient chers à l’époque
                 donc nous les achetions une fois parus, au kilo. Je
                 me suis demandé, pourquoi ne pas correspondre
                 avec des journaux qui s’intéressent à la carica-
                 ture ? J’ai donc commencé à offrir à des journaux
                 mes dessins bénévolement afin qu’ils les publient,

                 mon intérêt étant qu’ils paraissent. Au Maroc à
                 l’époque, le seul qui faisait des caricatures c’était
                 Kawalisse ("les coulisses") et ils ont
                 accepté mes dessins. Puis, avec deux
                 autres caricaturistes ; Mohamed Filali
                 et Larbi Sebbane, nous avons créé à la
                 fin des années 70, Satirix. Il a eu dès le

                 départ du succès, mais nous arrivions à
                 l’époque de l’arabisation post indépen-
                 dance, les gens ne voulaient plus lire en
                 français et nous ont demandé d’écrire
                 en arabe. Satirix est donc rapidement
                 devenu Akhbar souk : "les nouvelles
                 du souk" . On le voit bien, Bouhali a
                 puisé son savoir-faire dans des incon-
                 tournables comme "Canard enchaîné";
                "Fluide Glacial" et au "Hérisson". C’est
                 à lui qu’on doit la création au Maroc du
                 journal "Satirix", premier journal de
                 bande dessinée marocaine, avant de
                 lancer "Tekchab" dont les ventes ont
                 explosé dans les années 80. Bouhali a
                 aussi créé le personnage du Chaouch
                 Bouchnak, un homme hors du commun,
                 qui a marqué toute une génération. Sans
                 oublier l’animal fétiche chez Bouhali,
                 l'âne, avec toute la symbolique que cela suppose.
                  « J’étais à Casablanca à l’époque et je le voyais dans les   Nous ne l'étions pas vraiment, mais nous utilisions nos crayons pour
                 mains des gens, à chaque coin de rue. C’était en darija,   dénoncer un certain nombre de choses. On est passé de 5000 exemplaires
                 nous étions les premiers à créer un journal en darija   au départ à plus de 100 000 exemplaires, il n’y avait aucun invendu, des
                 et nous parlions au peuple, des soucis du peuple, notre   exemplaires des semaines passées se vendaient plus cher que l’actuel,
                 sous-titre c’était : "journal populaire très méchant!"   on nous demandait sans cesse d’augmenter le tirage...




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