Page 116 - VH Magazine N°187 - Novembre & Décembre 2020
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dOLCE VITA I I  Ciné Club


            Limbo, ou La pLace




            des réfugiés dans



            Les sociétés










            «Limbo» de ben Sharrock, eSt un fiLm à La foiS néceSSaire et
            percutant. angLaiS d’origine Syrienne, Le réaLiSateur S’inter-
            roge danS Son deuxième fiLm Sur La pLace deS réfugiéS danS La
            Société angLaiSe, faiSant écho à tout ce qui Se paSSe danS Le
            monde. un fiLm drôLe et touchant depuiS un centre de réfugiéS
            en écoSSe. poignant.    Par J. B.





            «Attendre…Attendre…Attendre», une  une histoire et avait une vie dans
            des répliques du film qui explique la  leur pays, une vie qui leur a été arra-
            situation. Dans le film «Limbo», film  chée. “Je me suis mis à interroger les
            qui a reçu le label Cannes 2020 et qui  représentations déshumanisantes
            a fait le bonheur du Festival interna-  des réfugiés”, a confié le réalisateur
            tional du film de Toronto au Canada  lors du dernier festival en Espagne.
            et de San Sébastian en Espagne, des  Comme la vie d’Omar, personnage
            réfugiés fuyant guerres, misères et  principal, centre du film qui donne
            soucis politiques dans leurs pays,  toute la dimension émotionnelle
            se retrouvent dans un village écos-  au film. Campé par le brillant Amir
            sais où ils doivent passer par la case  El-Masry, Omar est un musicien
            «intégration». Dans un centre de  connu et reconnu dans son pays.
            réadaptation, ils subissent les cours  Mais il est bloqué, il ne peut plus
            de civisme et de citoyenneté non sans  jouer de son instrument : le Oud. Il
            sarcasme et ironie, d’un réalisateur  a des flashs d’un concert en Syrie, le
            qui pointe du doigt le regard pauvre  dernier visiblement avant la guerre.
            de l’Occident sur les «autres».   Il a des secrets, des blessures, mais   les articles de journaux regorgent de
                                              garde espoir de retrouver la terre   ressources sur le sujet. J’ai épuisé
            En attEndant Godot BEn            promise, d’être accepté en tant que   toutes  les  ressources  possibles
            Sharrock signe un film débordant   citoyen anglais et de commencer   pendant plus d’un an et j’ai rencontré
            d’humanité, où il mise sur des acteurs   une nouvelle vie. «Pour effectuer   des migrants qui étaient passés par
            de talent et une écriture aussi libre   une recherche importante et utile,   ce système au Royaume-Uni, mais
            que fine. Il n’y a pas de bavardage,   nous devons comprendre les gens   également des travailleurs d’ONG
            les mots sont percutants, le temps   qui avaient connu ce système de   qui  s’occupent  des  réfugiés  au
            passe et rien ne se passe. Si ce n’est   demande d’asile et aller au-delà de   quotidien», a confié le réalisateur
            le souvenir d’un passé arraché, d’une   ce qui les caractérisait en tant que   en conférence de presse. Comédie
            histoire effacée. En effet, le réalisa-  réfugiés. Les documentaires, les   attachante malgré le sujet lourd, le
            teur rappelle que ces réfugiés ont   livres, les essais universitaires et   réalisateur réussit sa comédie sati-


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