Page 94 - VH Magazine N°188 - JANVIER & FÉVRIER 2021
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dolce vita I I C’est quoi ton métier ?
avez-vous des ingrédients
de prédilection ?
Oui. La betterave. J’adore la
betterave. Je peux la travailler
tout le temps. Sous toutes ses
formes et ses textures. La
pomme de terre aussi ! Et j’aime
beaucoup travailler le poisson
alors que je préfère manger
de la viande…Mais travailler le
poisson est plaisant. On peut
jouer avec les textures, avec
pleins de choses.
Un plat préféré ?
J’adore les pâtes ! Je peux
manger les pâtes tous les jours.
Même les pâtes à la bissara ! En
marocain, rien ne vaut un bon
couscous. Pour le plat français,
j’opte pour un bon morceau de
viande avec une sauce simple,
une sauce béarnaise par
exemple et des vraies frites. A la
belge ! Je suis le plus heureux.
avais un permis de Formule 1 et
est-ce qu’il y a une gastro- tu roules en 4L.
nomie qui vous fascine ?
Oui. La Japonaise. Que je ne est-ce qu’un chef cuisinier
connais pas assez d’ailleurs. apprend tous les jours ou
J’aimerais bien pouvoir aller au est-ce qu’il cesse un jour d’ap-
Japon et y faire une formation. Je prendre ?
suis fascinée par la gastronomie On apprend tous les jours ! Bien
japonaise. La gastronomie fran- entendu. Même dans un snack,
çaise me fascine aussi. Elle est j’apprends. Pendant un pause
inépuisable. Je la connais bien par déjeuner, je peux apprendre. Et
contre. Et puis bien sûr la maro- poursuivre cette voie, quelles puis les voyages, quel bonheur.
caine. Comment ne pas la citer sont ses options ? Mon dernier voyage avant
? Mais j’aimerais la rendre plus C’est facile. Il y a plein de bonnes COVID, c’était au Mexique ! J’ai
sexy. On doit travailler le dressage. écoles qui peuvent permettre de gouté des choses que je n’avais
C’est un peu notre responsabilité, griller les étapes. Moi, en France jamais goutées auparavant. La
nous les jeunes chefs marocains. je n’ai fait qu’un CAP, j’étais cuisine mexicaine ici ou ailleurs
Donner de l’allure à une gastron- presque autodidacte. Mais tout qu’au pays, n’est pas la même !
omie riche et incroyable. est concentré sur l’axe Tanger, Ce n’est pas la vraie cuisine. Il
Rabat, Casablanca, Marrakech. n’y a pas que les tacos. Et puis
On sent que ces dernières Et puis c’est important de voyager j’apprends des confrères tous les
années, le métier du chef cuisi- et d’aller voir ailleurs, ce qui se jours. On dit que c’est un métier
nier s’est démocratisé avec passe. On apprend. On grandit. qui se vole, ce n’est pas en faisant
les émissions et les nouveaux Ce qu’on apprend à l’école, c’est la même chose tous les jours
visages de chefs cuisinier. Un très bien. Mais il faut pratiquer, qu’on va évoluer. Le pire c’est de
jeune marocain qui souhaite beaucoup. C’est comme si tu stagner.
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