Page 79 - VH Magazine N°133 - Octobre 2014
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HASSAN HAKMOUN

                 ROOTS & GOOD SEEDS OF GNAWA




                                                                                              Désormais, il sait ce qu’il
                                                                                              veut faire. Il sait où il va. Pour
                                                                                              ce natif de Marrakech en
                                                                                             1963, rien d’anormal. Baigner
                                                                                              dans de telles ambiances
                                                                                              ancestrales faisait partie de
                                                                                              l’apprentissage. Le plus dur
                                                                                              est de le mettre à contribu-
                                                                                              tion et en faire son art. Hassan
                                                                                              Hakmoun réussit son tour
                                                                                              de force. Il part en 1987 aux
                                                                                              USA, décidé de se faire un
                                                                                              nom. Il voit grand. Il veut
                                                                                              devenir grand. Cela passe par
                                                                                              du travail, des albums, des
                                                                                              rencontres… Il se lance en
                                                                                             1990 avec l’album « Zahar ».
                                                                                              C’est du pur rythme gnawa,
                                                                                              mais avec d’autres influences

                                                                                              jazzy et folk. On y touche
                                                                                              des influences claires de

                                                                                             Adam Rudolph. Hakmoun
                                                                                              tient son chemin. Il sent qu’il
                                                                                              a assez de maturité pour ne
                                                                                              plus revendiquer aucune
                                                                                              paternité. Musicale s’entend.
                                                                                              Suivent alors des sorties
                                                                                              comme Gift of The Gnawa
                                                                                              qui sonne comme un cadeau
                                                                                              de retour pour ce berceau
                                                                                              qui l’a vu naître. La suite ne
                                                                                              sera plus qu’une succession
                                                                                              d’expériences, de recherches
                                                                                              dans des cessions de travail
                                                                                              avec des opus forts : « The
                                                                                              Fire Within » ou encore
                 C’EST UNE ACTU TRÈS CHARGÉE POUR LE GNAWI JAZZMAN HASSAN HAKMOUN. LES 14 ET 15 SEPTEMBRE   life « Around the World ».
                 2014, IL ÉTAIT À CHICAGO POUR LE CHICAGO WORLD MUSIC FESTIVAL. LE 16, IL A POSÉ SES VALISES À   La musique de Hakmoun
                 MINNEAPOLIS POUR UN CONCERT D’ENVERGURE. DÉJÀ DÉBUT DU MOIS, IL A FAIT SENSATION LORS DU   devient alors comme un tour
                 TADASANA FESTIVAL À SANTA MONICA EN CALIFORNIE. TOUJOURS AUTANT DE PRÉSENCE SUR SCÈNE, UN   d’horizon dans la planète
                 PUBLIC SURVOLTÉ, LE TOUT BERCÉ PAR LES RYTHMES DU CHAMAN GUÉRISSEUR QUI AU FIL DES ANNÉES,   musique toujours explo-
                                                                                              rant d’autres expressions
                 D’UN CONCERT À UN AUTRE, APPRIS À DISTILLER SA MUSIQUE COMME DES REMÈDES MÉDICAUX, À DOSES   rythmiques et mélodiques.
                 HOMÉOPATHIQUES. PAR A.N.                                                    Aujourd’hui à New York,
                                                                                              Londres, Rio de Janeiro et
                       our celui qui est   Hakmoun, encore enfant, à   ciser. La suite est connue.   ailleurs, il fait partie des noms
                       une icône de la    peine 4 ans, assiste, médusé   Scènes démoniaques, rites   qui comptent. Ceux qui ont
                 Pscène underground       à un spectacle qui aura une   et paroles inaudibles, visages   une vision musicale. Ceux qui


                 américaine, qui se balade   grande influence sur son   flous, musique endiablée,   nourrissent des héritages

                 entre Londres, Los Angeles,   parcours musical et ses choix   Hassan Hakmoun entre dans   communs, entre différentes
                 New York et le Brésil, tout   artistiques. Sa sœur, que   l’arène. Il est pris dans l’action.   musicalités, dans un élan de
                 commence lors d’une nuit   l’on dit touchée par un esprit   A partir de ce moment, sa   partage culturel de toute
                 de transe gnaouie. Hassan   maléfique doit se faire exor-  vie prend un autre tournant.   beauté.

                                                                                          Octobre   2014    VH magazine   79
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