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Collectionneurs
à un officier qui s’est révélé ne
pas être le propriétaire… au
bout d’une dizaine d’années,
le collectionneur commence à
être connu. on lui propose donc
des véhicules et il participe aux
foires de véhicules anciens,
étoffant ainsi son garage. toutes
ses économies y passent.
« ça m’a coûté tout ce que
j’avais, constate-t-il sans regret.
heureusement, ces voitures ne
coûtaient pas cher à l’époque.
Jusque dans les années 80, il
y avait peu de collectionneurs,
même en europe, et les gens
les considéraient comme de
la ferraille. » en revanche, la
restauration était, même à ce
moment-là, très coûteuse. « J’ai constitué
ma propre équipe de réparation, explique-t-
il. Je travaille comme aux etats-unis et en
europe : je démonte tout pour tout refaire
à neuf. »
Un rêve de Bugatti
aujourd’hui, omar Bekkari a cessé
d’arpenter le pays à la recherche de l’oiseau
rare. de son propre aveu, « ça fait un bon
moment que je n’ai plus rien acheté ». il
s’emploie à restaurer les véhicules qui
n’ont pas encore fait l’objet de ses soins
et à entretenir ceux qui l’ont été. en fait, il
prépare la relève, son fils aîné ayant décidé
de faire de cette passion son métier :
location pour des publicités ou des films,
des mariages ou des inaugurations, les
voitures anciennes ont la côte et peuvent
constituer un bon filon. si seulement
l’administration pouvait se montrer plus
compréhensive… « ils veulent que j’installe
des plaques d’immatriculation d’aujourd’hui,
proteste-t-il. alors que je veux conserver
ces plaques noires parce qu’elles rappellent
aux gens, et notamment aux enfants,
qu’elles étaient de cette couleur à une
autre époque. c’est un pan d’histoire, un
témoignage. ils veulent également qu’on
ajoute des ceintures de sécurité. or, c’est
techniquement impossible, ces voitures
n’ont pas été conçues pour cela. » La quête
d’omar Bekkari ne s’arrêtera cependant
peut-être pas là. il lui reste encore à trouver
son saint-graal, une Bugatti atlantique.
« il n’y en que trois dans le monde. L’une
appartient à ralph Lauren, la deuxième
est dans un musée et la troisième, je crois,
est ici. Je l’ai croisée une fois, mais je me
suis trompée sur son compte : j’ai cru que
c’était un tôlier du coin qui l’avait fabriquée.
J’étais jeune, je n’avais pas suffisamment
d’expérience ».
68 VH magazine Mai 2010

