Page 83 - VH Magazine N°187 - Novembre & Décembre 2020
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y a eu ce tour du monde qui m’a
donné envie de rentrer au Maroc,
pour lequel j’ai eu un nouveau
regard. Après 2 ans dans différ-
entes sociétés de production
marocaines j’ai créé ma propre
structure La Prod en 2007 et par
la suite, une deuxième société
française cette fois-ci Moon A
Deal Films en 2011.
Est-ce un métier reconnu à sa
juste valeur au Maroc ?
Oui et non. Oui, car ça rapporte
son lot de notoriété et
d’accomplissement personnel
et non, car malheureusement
nous faisons partie d’une indus-
trie qui, quant à elle n’est pas
très développée…. De fait, votre
première question est tout à fait
à sa place pour comprendre ce
que veut vraiment dire le métier
de producteur.rice, car locale-
ment nous sommes face à une
incompréhension de ce qu’est
ce métier, ce qui rend la recon-
naissance très difficile. Je suis
forcée de constater que cette
reconnaissance se fait plus à
l’étranger, où le métier et son
importance dans le processus
créatif et matériel d’un film est
bel et bien connu et reconnu.
Le sens noble du métier n’est
pas compris par tous. Le produc-
teur dans le sens dénicheur de
talent, visionnaire, qui investit
sur un scénario qui plaît, mais
qui a besoin d’être rafistolé et
retravaillé existe peu ou pas pour
le reconnaître à sa juste valeur.
C’est un travail de longue haleine.
Il faut accompagner les auteurs
dans cette longue démarche
d’écriture et être patient. Il faut
avoir le souffle pour pouvoir
fabriquer de belles et grandes
choses.
Mon objectif au final, c’est de
donner naissance au plus beau
bébé au monde.
Novembre & Décembre 2020 VH magazine 83

