Page 86 - VH Magazine N°187 - Novembre & Décembre 2020
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dolce vita  I I  Histoire d'un lieu









            Élisabeth bauchet-bOuhlal PDG du Es Saadi Marrakech Resort
            « On ne peut pas vivre



            sans culture ! »







            Les couLoirs racontent es saadi Marrakech resort une histoire, Les Murs parLent. iL suffit de tendre
            L’oreiLLe. orné de tabLeaux, Le Lieu pensé par éLisabeth bauchet-bouhLaL respire La cuLture et L’art.
            ce n’est pas un siMpLe paLace, c’est un Lieu de cuLture qui aiMe Les artistes et Les soutient. couLisses.
            PAR jihane bougrine




                     ntre  les  tableaux,  la  rapproché avec mon mari » continue  nouveau groupe qu’on appellera plus
                     bibliothèque faite par ses  la maitresse des lieux qui perpétue  tard École de Casablanca, qui voulait
                     soins pour ses clients et  un héritage familial puisque son père,  révolutionner la peinture marocaine
            Epar ses clients, la musique,  grand collectionneur d’art, en créant  et mondiale. Farid Belkahia pour
            Élisabeth Bauchet-Bouhlal Es Saadi  le premier Casino à Marrakech dans  ne citer que lui, était proche de la
            Marrakech Resort, un espace où l’on  les années 50, avait déjà fait les beaux  famille aussi. La routine culture des
            accueille l’art à bras ouverts. « A  jours du Moulin Rouge de Paris. Au  Bauchet-Bouhlal a fait que l’hôtel
            l’époque, on ne parlait pas d’art et de  programme Joséphine Baker, les  était devenu une maison de l’art,
            culture comme on le fait aujourd’hui.  Rolling  Stones,  sont  souvent  de  sans vraiment le préméditer. «J’ai
            On venait d’ouvrir le premier hôtel à  passage. Les artistes sont les amis  la chance d’être entourée d’artistes
            Noël en 1966. On ne parlait presque  de la famille.                qui m’inspirent, qui me parlent de
            pas des artistes marocains en ce                                   nouveaux projets, qui me nourrissent
            temps-là. Ce qui était important pour  La cuLture, ce fiL          l’âme. Ils sont des catalyseurs, ils
            nous, tout d’abord, c’est d’ouvrir, nous  conducteur               vous racontent la réalité mieux que
            frayer une place, avoir une clientèle.  Pour Élisabeth Bauchet-Bouhlal, il a  vous la voyiez, ils savent la traduire
            Et tout de suite, quand il s’agissait  toujours été question de soutenir les  » raconte la dame de fer toujours à
            de mettre quelque chose dans les  artistes parce qu’entourée d’artistes  l’affût de projets à accompagner et
            chambres, il fallait mettre quelque  ! Celle dont le mari partageait une  défendre. Elle soutient activement
            chose  d’authentique,  et  non  une  chambre d’ami avec Cherkaoui, à rue  les créateurs marocains et s’investit
            simple « déco ». Il nous fallait un vrai  des Écoles à Paris quand l’un était  en accueillant des manifestations
            dessin, pas la copie de quelque chose.  en école d’ingénieurs et l’autre aux  comme Marrakech Art Fair ou des
            Même si l’artiste n’était pas connu.  Beaux-Arts, a toujours baigné dans  ventes d’art contemporain de jeunes
            On ne voulait pas quelque chose de  une ambiance artistique. « Ils créaient  artistes. Pendant le confinement, le
            folklore, mais tout de même lié au  et rien ne se vendaient à l’époque.  Es Saadi Marrakech Resort a résisté
            pays pour donner une idée du Maroc.  Ce n’est pas comme maintenant.  en proposant une programmation
            Et puis ça a continué » confie celle qui  On leur a tendu la main, l’art n’était  musicale pour permettre aux artistes
            a eu pour premier cadeau de la part  pas à la mode à l’époque » confie  de créer. Une évidence pour Élisabeth
            de celui qui allait devenir son mari,  celle qui précise que le classicisme  Bauchet-Bouhlal,  qui  rappelle
            un tableau de Ouardighi, le peintre  occidental  était  prédominant  à  les  mots  d’un  certain  Malraux  :
            jardinier. Comme pour sceller une vie  l’époque, les artistes imitaient et  « L'art, c'est le plus court chemin de
            dédiée à l’art. « Cela nous a beaucoup  il y avait très peu de place pour ce  l'homme à l'homme ». Tout est dit.


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