Page 49 - VH Magazine N°133 - Octobre 2014
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Vos débuts chez Boeing en mesure de rivaliser avec et la libéralisation. Ceci a pas seulement mon client et
ont-ils été ceux dont cet avion aujourd’hui. engendré plus de mouve- le transporteur national de
vous rêviez ? ment vers l'intérieur qu'à mon pays natal, elle est aussi
Non, ça a été bien plus. Quels défis deviez- l’extérieur du pays, un pour beaucoup dans mon
Quand j’ai rejoint Boeing, vous relever quand développement touristique intérêt et ma fascination
tout ce que je savais, c’est vous étiez vice-prési- accru et a augmenté les pour les avions.
que la compagnie commer- dent pour l’Afrique, besoins des compagnies
cialisait des avions. Le 747 l’Amérique Latine et les aériennes pour plus d’avions. Comment décririez-
et le 737, avec lesquels Caraïbes ? Le Maroc est immergé vous le fait de travailler
nous avons grandi. Ce que Le premier challenge, en dans le commerce interna- pour Boeing ?
j’ai appris en la rejoignant, ce qui concerne l’Afrique, tional à travers plusieurs En ce qui me concerne,
c’est que Boeing couvre était la distance. S’y rendre accords, dont l’accord de c’est le meilleur endroit
un domaine plus vaste qui depuis Seattle représente un libre-échange avec les où travailler. Je n’ai aucun
comporte plus de facettes long chemin. Le deuxième Etats-Unis. Donc, de fantas- regret. Au contraire, je me
que je ne pouvais en consistait à s’assurer que tiques changements se sont félicite d’avoir choisi ce lieu
imaginer. La défense, les tous les actionnaires produits, à la fois sociale- pour poursuivre ma carrière.
satellites, les systèmes de comprenaient et se concen- ment et économiquement,
sécurité et ainsi de suite… traient sur les capacités à mon sens. Je pense que Comment parvenez-
Ai-je fait le bon choix ? et le potentiel de l’Afrique. beaucoup sont positifs et vous à concilier un
Absolument ! J’ai trouvé L’aviation commerciale, sont dus en partie à une travail très prenant et
Boeing bien plus fascinante le business à forte valeur discipline, à une rigueur et une vie de famille ?
qu’à mes débuts. ajoutée et le savoir-faire à une évolution naturelle J’ai la chance d’avoir une
technique n’arrivent pas d’une part, mais sont aussi le famille formidable, qui me
Comment vous êtes- en tête de liste quand les résultat du leadership vision- soutient beaucoup. Mon
vous acclimaté à ce gens pensent à l’Afrique. naire de Sa Majesté. emploi du temps est très
nouveau job ? Et pourtant, le continent serré, en raison de mon poste,
Mon travail d’ingénieur a le savoir-faire technique Entretenez-vous des de mes déplacements, des
m’avait permis d’avoir des et des compagnies aéri- relations plus étroites exigences de la direction et
interactions avec le côté ennes de classe mondiale. avec la RAM qu’avec les des besoins de mon équipe.
commercial. Je pense que Ethiopian Airlines, Royal autres compagnies aéri- Sans la profonde compréhen-
mon expérience de profes- Air Maroc, South African ennes ? sion de ma famille y compris
seur à la faculté ont fait de Airways, Kenya Airways : Dans un sens oui et dans celle de mes enfants, je ne
moi un bon orateur. Les chacune de ces compagnies un sens non. Je dirais pourrais pas faire ce que
dirigeants du pôle marketing est d’une qualité et d’une « non », dans le sens où je je fais, pas dans un climat
ont estimé que, compte tenu compétence équivalentes à suis proche de tous mes harmonieux en tout cas. Je
de ma capacité à présenter celles de leurs homologues clients ou tout du moins, je peux dire que ma famille est
des sujets très complexes de dans d’autres parties du m’efforce de l’être. Et quand harmonieuse. C’est aussi
manière simple, je constitu- monde. Pour moi, cela a été je dis « oui », c’est parce une question d’organisation
erais un atout plus important une opportunité de raconter que je suis marocain, que j’ai de son temps. Je veille au
pour l’entreprise à ce poste cette histoire le plus souvent des affinités avec le Maroc fait que le peu de moments
qu’au précédent. C’est ainsi et le plus fort que je le et que je suis fier de notre que je passe avec ma famille
que j’ai changé de voie. pouvais et elle est devenue transporteur national en tant soient des moments de
l’un des buts de ma vie. que marocain. Donc, évidem- qualité. Je veille à ce que
Quels ont été vos princi- ment, je porte un intérêt nous fassions des activités
paux challenges ? Revenez-vous fréquem- particulier à Royal Air Maroc communes que nous appré-
Je n’appellerais pas cela des ment au Maroc et quels et je suis fier des relations cions tous comme emmener
challenges. Le travail était changements avez-vous qui existent entre Boeing les filles jouer au golf, les
fascinant. J’étais en charge observé tout au long de et la RAM. J’ajouterais que garçons au football ou aller
du matériel marketing que ces années ? la première fois que les tous ensemble au burger du
nous produisions pour le 737 Je reviens au Maroc tous avions ont suscité mon coin le dimanche soir.
de nouvelle génération. Nous les trois mois en moyenne. intérêt, c’était lors d’un vol
avions un avion extraordi- J’estime que des change- sur la RAM. C’est sur cette Quels sont vos projets
naire, le meilleur de sa classe ments substantiels ont compagnie que, tout petit, pour l’avenir ?
et il était facile de raconter eu lieu. Le pays avance j’ai effectué mon premier vol. Au jour d’aujourd’hui, ma
cette histoire. Et ça l’est rapidement grâce au dével- Alors oui, je me sens proche réponse est que je travaillerai
toujours. Il n’y a rien qui soit oppement économique de Royal Air Maroc. Elle n’est chez Boeing pour toujours.
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