Page 62 - VH Magazine N°146 / Février 2016
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DOSSIER  I I  Destins brisés




                  Raja Belmlih

                LA DIVA MAROCAINE









                                                                                     Hay et composition de Hassan kadmiri.
                                                                                     La chanson de l’année 1986 sort dans son
                                                                                     1er album qui en porte le nom. Album qui
                                                                                     contient d’autres refrains à la thématique
                                                                                     engagée, « Madinat al aachikin », sur la
                                                                                     paix, « Oughanni laha », sur la liberté,
                                                                                     et « Atfal al hijara », anticolonialiste et
                                                                                     première chanson sur le soulèvement des
                                                                                     enfants palestiniens, interdite de radio et
                                                                                     de télévision par le ministre de l’intérieur
                                                                                     de l’époque, Driss Basri. Toutes les trois

                                                                                     sont écrites par Abderrafie Jouhari et
                                                                                     composées par Hassan kadmiri. Plus que
                                                                                     des chansons, un concept et un projet se
                                                                                     voulant rénovateur et original par rapport
                                                                                     au thème de l’amour, qui dominait alors
                                                                                     sur la scène arabe.
                                                                                     En 1993, Raja s’envole pour le Caire à la
                                                                                     recherche d’un public plus large. Et les
                                                                                     albums se succédèrent avec des composi-
                                                                                     teurs de renoms tels Hilmi Bakr, Jamal
                                                                                     Salama, et Salah Charnoubi. Qui n’a pas
                                                                                     fredonné « sabri aalik tal », « ya ghaib »,
                                                                                     « Iaatiraf » ?
                                                                                     Artiste exigeante, elle s’engage et lie son
                                                                                     image aux causes sociales. En 1999 elle est
                                                                                     nommée ambassadrice de l’UNICEF. Atteinte
                                                                                     d’une tumeur, un cancer de sein détecté
                                                                                     tardivement en 2003, Raja passa des années
                  AMBASSADRICE DE CHARME                                             à la recherche du remède miracle.

                  DE   CHANSON                                                       Elle revient à son public avec « Chaouk al
                  MAROCAINE, RAJA BELMLIH                                            ouyoun » et participe à des émissions télé,
                                                                                     aux galas caritatifs, ainsi qu’à la prime
                  NOUS A QUITTÉS EN 2007.
                                                                                     de la première édition de studio 2M dont
                   ELLE AVAIT 45 ANS.
                                                                                     elle était marraine. Elle ne put assister

                                                                                     à la finale où elle devait interpréter des
                                                                                     chansons marocaines avec des nouveaux
                 A      Au cours de l’édition en 1979   qui lui prédisaient une place de choix sur   arrangements.
                                                   l’échiquier artistique. Elle avait 17 ans.
                                                                                     Raja Belmlih avait plein de projets artis-
                        d’ «Adwaa al madina », les lumières
                        de la ville, concours qu’organisait
                 la radio nationale avec la complicité du   Née à Ain Chok, quartier nord de Casa-  tiques et cinématographiques mais le mal
                                                                                     fut plus fort. Hospitalisée à l’hôpital Cheikh
                                                   blanca, en 1962, la collégienne réunissait
                 producteur Hamid Alaoui et dont le but était la   ses amies et leur interprétait, au cours de la   Zaid de Rabat, elle s’éteint entourée de sa
                 recherche des nouveaux talents, Raja Belmlih   récréation, des morceaux de musique clas-  petite famille. Des funérailles offi cielles
                 décroche le premier prix sous le nez de plus   sique arabe. Elle poursuivra des études de   lui sont organisées. Enterrée au cimetière
                 de 1500 concurrents. Son interprétation, avec   lettres arabes modernes jusqu’à l’obtention   Chouhada le 2 septembre 2007 à Casa-
                 grâce et maestria, de « Wahakkika anta al   d’un DEA et passa quelques années au   blanca, les refrains de « la voisine du ruis-
                 mouna » de la diva Oum Kaltoum, restera   conservatoire. Le public la découvre avec   seau » sont toujours fredonnés avec plaisir
                 gravée dans la mémoire des mélomanes   « ya jara wadina », paroles de M’hamed   et nostalgie.
                 62  VH magazine   Février   2016
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