Page 65 - VH Magazine N°89 - Juillet 2010
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NOTRE ÉPOQUE  I I  Nostalgie


                   Les Arènes de Casablanca.






















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                     LA FURIA DES ARÈNES





                  Un samedi après-midi ensoleillé, il y a soixante
                  ans, au Maârif. Aujourd’hui c’est jour de
                  corrida. Quelque dix mille hidalgos, dans leur
                  plus belle mise, assistent dans les gradins
                  des Arènes de Casablanca à un spectacle
                  d’exception : le combat contre un taureau
                  du plus fameux matador de tous les temps,
                  Luis Miguel Dominguin. La foule applaudit à
                  tout rompre chaque fois que le torero évite
                  de justesse les cornes rageuses de l’animal.
                  Fidèle à sa légende, cape rouge au vent, Luis
                  Miguel, au bout d’une heure de duel sanglant,
                  porte l’estocade fi nale au taureau en lui
                  plantant une lame entre la base du crâne et
                  le début de la colonne vertébrale, achevant
                  ainsi la bête dans les règles de l’art. La foule
                  est en délire. « Luis Miguel a, ce jour-là, ébloui                 Mme Nina Banon présente Demis Roussos aux Arènes.
                  l’assistance », se souvient Madame Banon, la
                  légendaire organisatrice de concerts au Maroc   du taureau à une personnalité dans l’assistance.   ce sont 15.000 personnes qui remplirent les
                  qui par la suite allait, dans ces mêmes Arènes,   Ce jour-là, c’est à elle que le matador fi t cette   gradins des Arènes. « Ce n’était pas le théâtre
                  faire rêver des milliers de jeunes de l’époque   offrande. « Je n’en reviens toujours pas que ce   municipal de l’époque qui aurait pu contenir
                  en leur offrant les concerts de leurs plus   soit moi que la légende espagnole ait choisi   autant de monde ! », ajoute avec nostalgie celle
                  grandes idoles : Oum Kelthoum, les Platters,   pour remettre les insignes de sa victoire ! »,   qui, quelque soixante ans avant Mawazine,
                  Ray Charles, Johnny Hallyday, Jacques Brel,   nous confi e-t-elle en se remémorant cette   organisait déjà la venue des plus grandes stars
                  les Shadows, Eddy Mitchell, Petula Clark, les   période enchantée de sa jeunesse. « Peu après,   au Maroc. « S’il n’y avait pas eu les Arènes du
                  Golden Hands, etc.                  j’ai convaincu la famille Castella, propriétaire   Maârif, jamais nous n’aurions pu organiser
                  Pour l’heure, Madame Banon se souvient qu’à la   des Arènes, de l’opportunité d’y organiser des   de tels événements à Casablanca », conclut
                  fin du combat de Luis Miguel, ce dernier, selon   concerts de rock. » C’est ainsi que pour la venue   Madame Banon en nous remerciant de lui avoir

                  la coutume, devait offrir les oreilles découpées   de Johnny Hallyday à Casablanca, en 1962,   rendu visite pour évoquer ces souvenirs heureux.


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