Page 75 - VH Magazine N°89 - Juillet 2010
P. 75

a décidé d’en faire une rue piétonne, mais le
                                                                                          résultat a été catastrophique pour le quartier.
                                                                                          Du fait d’une architecture urbaine mal conçue,
                                                                                          cette rue du Jura, qui était le centre même du
                                                                                          Maârif et son cœur, est devenue un endroit
                                                                                          insalubre et dangereux pour les habitants. La
                                                                                          nuit tombée, certaines artères isolées et mal
                                                                                          éclairées sont de véritables nids de délinquance.
                                                                                          Cela a causé beaucoup de tort au Maârif et a
                                                                                          provoqué la colère des habitants du quartier qui
                                                                                          ont pourtant dû se résigner à cet état de fait »,
                                                                                          conclut Mourchide, amer de voir « son » Maârif
                                                                                          en si piteux état.
                                                                                          Même son de cloche du côté des acteurs
                                                                                          associatifs du quartier. « Originaire de Marrakech,
                                                                                          je ne pensais pas, lorsque j’ai accepté de
                                                                                          travailler sur le Maârif afi n d’y implémenter une
                                                                                          dynamique socioculturelle, que le quartier était
                                                                                          dans un tel état de délabrement social » nous
                                                                                          confi e Mohamed Smiyej, 31 ans, responsable
                                                                                          associatif. « Au début c’est la méfi ance, voire

                                                                                          la défiance des jeunes qui frappe. Il est très

                                                                                          difficile d’entrer en contact avec eux, de leur























                                                                                          parler. C’est un rapport de confrontation qui
                                                                                          s’instaure à chaque fois. À leurs yeux, nous ne
                                                                                          sommes qu’une énième opération de charme de
                                                                                          la ville, dans le but d’obtenir leurs voix avant une

                                                                                          échéance électorale. C’est difficile de travailler
                                                                                          dans ces conditions. »  Le vice-président nous
                                                                                          confi rme les propos de Smiyej : « Ces jeunes,
                                                                                          confrontés à l’opulence des franchises, vivent
                                                                                          une grande schizophrénie ». Et Smiyej d’ajouter :
                                                                                          « Ils sont dans une très grande précarité. Ils
                                                                                          tiennent le mur à longueur de journée.»
                                                                                          Chez nous au Maârif

                                                                                          Afin de tenter de remédier aux maux dont
                                                                                          souffre le quartier, les élus locaux, avec l’aide
                                                                                          de réseaux associatifs, tentent de rétablir le lien
                                                                                          social. C’est ainsi qu’une opération ingénieuse
                                                                                          et originale d’un groupement d’associations,
                                                                                          appuyées par l’INDH (l’Initiative Nationale pour
                                                                                          le Développement Humain) et en partenariat
                                                                                          avec le ministère de la Jeunesse et du Sport, a
                                                                                          vu le jour au mois de mai dernier : la première
                                                                                          édition d’un événement culturel organisé par et


                                                                                                 Juillet   2010    VH magazine   91
   70   71   72   73   74   75   76   77   78   79   80