Page 71 - VH Magazine N°89 - Juillet 2010
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NOTRE ÉPOQUE I I Nostalgie
L’EXIL
s
À l’indépendance du Maroc, en 1956, les communautés européennes
résidant au Maroc se voient très vite livrées à elle-même. En effet, dans s
l’année qui suit, c’est toute l’administration française qui plie bagage
à commencer par l’armée, la police, les fonctionnaires, les cheminots,
les enseignants, les travailleurs du port, etc. Tous quittent le pays en
masse. Madame Gilabert, l’une des rares Européennes à être restées
au Maârif, se souvient : « Après le départ subit de l’administration, il
y eut les vagues de marocanisation. Alors, les gens qui avaient un
commerce ou une entreprise recevaient un courrier comme quoi ils
n’étaient plus propriétaire de leur entreprise. C’est ainsi qu’au Maârif,
les trois quarts de la population sont partis en l’espace d’une dizaine
d’années. Moi, je n’ai pas reçu de lettre de marocanisation, alors je
suis restée. Je ne sais pas pourquoi ils ne m’en ont pas envoyée une.
C’est peut-être parce que mon père est venu au Maroc en 1910,
que je suis née ici et mes enfants aussi ». Beaucoup des Marocains
restés dans le quartier après le départ de « Maârifi ens » ressentent le
grand vide laissé par leurs voisins et amis. C’est le cas de Moulay Ali
El Hassani El Alaoui qui témoigne sur le site des anciens du Maârif de e Photos de classe des écoles du Maârif.
son attachement pour ses anciens voisins. Il en profi te pour lancer un
avis de recherche de ses anciens camarades d’école et surtout, de
son maître de classe, Monsieur Gimenes, qu’il pense avoir localisé à
Aix-en-Provence.
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