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CASABLANCA 1920 -1970 I I Bistros
AUSSI LOIN QU’ELLE S’EN
SOUVIENNE, SUZANNE LOPEZ
SE TENAIT DERRIÈRE LE BAR DU
CHAMPOREAU. AUJOURD’HUI,
A 83 ANS, ELLE EST L’UN DES
PILIERS DU QUARTIER DES
ARCHERS ET SA MÉMOIRE
VIVANTE. ELLE NOUS CONFIE ICI
SES SOUVENIRS.
Je m’appelle Suzanne Alvine
épouse Lopez. Je suis née en
1929 à Casablanca. Mon père
était originaire de Paris où il a fait
l’école de Saint-Cyr Mécanique.
En entrant à l’Aéropostale, il a eu
le choix entre Casablanca et San
Francisco. Il a choisi Casablanca.
C’est là qu’il a rencontré ma mère
qui était sicilienne. C’est mon
oncle qui a acquis le Champoreau,
lequel existait déjà dans les années
1910. Mes parents en ont repris
la gestion. Ma mère, enceinte de
moi, a travaillé derrière le comptoir
pratiquement jusqu’au terme de
sa grossesse. Et ma sœur et moi,
dès notre plus jeune âge, y avons
travaillé jusqu’au décès de mon
père, en 1968. Nous en sommes
ensuite devenues les gérantes.
ensuite devenues les gérantes.
La famille Alvine à la fin des années 1930.
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LES GI’S DÉBARQUENT
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A 83 ans, je peux dire que j’ai
connu Casablanca à différentes
époques. Il y a eu le Casablanca
de la Deuxième Guerre mondiale.
J’avais 11 ans lorsque la guerre
a éclaté. Mon père a été mobilisé
mais nous n’avons pas beaucoup
souffert du confl it. En 1942, il y
a eu le débarquement américain
à Casablanca. Les GI’s avaient
du chocolat, des biscuits et du
chewing-gum qu’ils nous offraient.
82 VH magazine Novembre 2011

